Accompagnement global

L’association Comme Les Autres propose à des personnes handicapées suite à un accident de la vie un accompagnement global animé par 6 objectifs prioritaires (accès aux droits, insertion socioprofessionnelle, logement, mobilité, sport-culture-loisirs, changements des regards et de relations), reposant sur 3 principes transversaux (expérience des sensations et émotions fortes, mixité valides / handicapés, pair-accompagnement) et 3 actions-type (séjours-aventure sportifs, activités collectives de proximité, accompagnement individuel à la vie sociale).

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Schéma-type de l’accompagnement global

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Objectifs prioritaires

– droits : identification et accès.

– insertion socio-professionnelle :

  •  études, formation professionnelle.
  •  activités rémunérées ou non (emploi de courte durée, bénévolat, volontariat au service civique, stage).
  •  emploi pérenne.

– logement : accessibilité, adaptation, transformation…

– mobilité : connaissance et adaptation.

– sport, culture et loisirs : accès et pratique régulière.

– changements de regards et de relations, notamment entre monde du handicap et monde valide.

Principes transversaux

– l’expérience de sensations et émotions fortes par la pratique d’activités sportives, artistiques ou culturelles.
Dynamisation permanente du parcours d’accompagnement.
– la mixité par le rassemblement systématique sur ses activités de participants valides et de participants handicapés.
Application de l’approche universaliste : ouverture à l’Autre, non repli sur soi / sa communauté.
– le pair-accompagnement par la présence sur chaque activité de participants « expérimentés » et de participants « débutants », valides comme handicapés.
Utilisation de certains apports de l’approche communautaire : transmission d’expériences spécifiques et techniques entre pairs, handicapés ou valides.

Actions-type

Séjours-aventure sportifs

Première étape du parcours d’accompagnement proposé par l’association, les séjours-aventure sportifs agissent pour les participants comme des « piqûres d’adrénaline ».

Ils sont nés de la conviction qu’à la suite d’un accident de la vie ayant pour conséquence un handicap physique lourd, la pratique d’activités sportives à sensations fortes – dans le cadre d’un séjour où personnes valides et personnes en situation de handicap échangent de façon continue, égalitaire et conviviale – représente une première étape vers la réconciliation avec son corps, l’estime de soi et la réinsertion sociale.

Les séjours-aventure sportifs et l’énergie qu’ils génèrent ont pour vocation de démontrer, notamment à des personnes handicapées et récemment accidentées mais aussi à l’ensemble de la société, qu’avec une préparation adaptée et une mobilisation de ressources (humaines, matérielles et financières) efficace, de nouveaux espaces peuvent s’ouvrir pour les personnes en situation de handicap et ainsi, de nouveaux horizons de vie, de plaisirs, et de reconstruction tant physique que psychologique ou sociale.

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Séjours-aventure sportifs

Chaque aventure collective est encadrée par un responsable de séjour et un référent handicap (personne handicapée expérimentée) et rassemble 6 personnes handicapées à différentes étapes de leur parcours de reconstruction et 6 personnes valides variablement expérimentées dans leur rapport au handicap. Cette « mixité » à plusieurs niveaux (participants valides/handicapés, débutants/expérimentés) est un pilier du travail de CLA et un ingrédient innovant essentiel afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques des personnes handicapées suite à un accident de la vie en matière d’accompagnement.

Les séjours-aventure sportifs, outils à part entière du travail d’accompagnement de CLA, ont notamment pour fonction d’introduire de façon énergique l’accompagnement social individualisé proposé par l’association. C’est la raison pour laquelle ils sont à usage unique.

Ils sont totalement gratuits, et ce afin de limiter au maximum les phénomènes de discrimination économique et sociale à leur accès, et pour se donner les moyens de toucher le plus grand nombre, à commencer par ceux qui sont dans la plus grande difficulté matérielle.

Exemple de séjour: TIGNES 2015
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Activités de proximité

Elles ont pour objectif de pérenniser tout au long du parcours de reconstruction l’énergie générée sur les séjours, d’entretenir le lien social et de favoriser le pair-accompagnement. Ces activités permettent par ailleurs de ponctuer de moments ludiques et joyeux le parcours d’accompagnement global individualisé, parfois austère dans sa dimension administrative, proposé aux participants qui le nécessitent et qui souhaitent en bénéficier.

Chaque activité rassemble participants valides variablement expérimentés et participants handicapés à différentes étapes de leur parcours de reconstruction. Cette mixité à tous les niveaux (valides/handicapés, novices/expérimentés) est un pilier du travail d’accompagnement de CLA puisqu’elle permet de favoriser le pair-accompagnement et participe aux nécessaires changements de regards et de relations entre « monde valide » et « monde du handicap ».

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Activités de proximité

  • Les week-ends d’activité : ils rassemblent tous les 2 mois d’anciens participants handicapés aux séjours-aventure sportifs, des participants valides plus ou moins expérimentés dans leur rapport au handicap, et des référents handicap (pair-accompagnateurs). Ils se déroulent dans un périmètre proche de Paris (maximum 2h30), dans un gîte (ou équivalent) et mêlent pendant 2 jours convivialité et aventure sportive afin de pérenniser l’énergie générée par le séjour et d’entretenir le lien social. (démarrage : février 2016)
  • Les journées d’activités «ciblées » : elles se déroulent en semaine et ont pour objectif de répondre aux besoins spécifiques en matière de motivation, d’aération d’esprit, de confiance en soi de chacune des personnes en parcours d’accompagnement individualisé au sein de l’association. L’association organise ainsi des journées d’activités à sensations à des « moments clé » des parcours de reconstruction de chacun (ex : journée d’activité la veille d’un entretien d’embauche) sur demande du participant et avec l’accord du travailleur social ou à l’initiative de ce dernier.
  • Les journées d’activités « rencontres & culture»: elles se déroulent le samedi une fois tous les 2 mois et ont pour objectif de réunir autour d’une activité culturelle les personnes accompagnées par l’association et leurs proches. Ces journées permettent à l’association de faire connaissance avec l’entourage des personnes qu’elle accompagne dans un contexte différent du quotidien, d’aborder avec ceux qui le nécessitent et / ou en ont envie la question du positionnement des proches et / ou aidants familiaux dans le parcours de reconstruction, de faire découvrir la philosophie d’action de CLA à l’entourage des personnes accompagnées, et de permettre à des personnes ayant vécu l’expérience de l’accident d’un proche et / ou vivant avec une personne handicapée post-accidentée de se rencontrer et d’échanger entre pairs.
  • Les journées « accessibilité – autonomie » en milieu urbain : elles se déroulent à Paris et dans toute l’Ile-de-France et ont pour objectif d’apprivoiser son milieu de vie. Participants valides et handicapés parcourent Paris et leurs lieux de résidence afin d’apprendre à dépasser leurs appréhensions en matière de déplacements en fauteuil et de gestion de la relation d’aide, à mieux connaître les systèmes de transports disponibles et accessibles et à trouver des solutions en cas d’inaccessibilité apparente. Ces journées sont aussi l’occasion de sensibiliser les participants valides via la mise en situation de handicap et enfin de faire du militantisme de proximité auprès des commerçants et passants rencontrés afin de les sensibiliser à la question de l’accessibilité universelle en leur permettant de mieux comprendre les normes qui leur sont imposées.
  • Les ½ journées « coaching-relooking »: elles sont dédiées au bien-être, au soin du corps et à la mise en beauté. Au-delà de la convivialité omniprésente lors de ces moments d’échange entre participants valides et handicapés, ils permettent d’aborder les thématiques de l’image de soi, du regard des autres, et d’entrer dans un champ plus intime de la reconstruction post-accident. Ces moments peuvent être suivis de sorties pour que chacun à son rythme puisse aller par ailleurs se confronter au regard des autres et reprendre confiance en ce regard.
Accompagnement individuel à la vie sociale

Animé par 5 objectifs prioritaires (droits, insertion socio-professionnelle, logement, mobilité, sport – culture – loisirs) , l’accompagnement individuel proposé par l’association s’inscrit dans une dynamique globale en s’appuyant sur les bénéfices en énergie apportés par les séjours sportifs et les activités de proximité.
Parmi l’ensemble des participants aux activités de l’association depuis sa création, il existe actuellement une base pour une quarantaine d’accompagnements individualisés. Nous avons pu constater que lorsqu’il est proposé pendant le séjour même, ou juste après, en moyenne 50% des personnes handicapées (3 personnes) manifestent le souhait de bénéficier de l’accompagnement personnalisé. Cet accompagnement est défini dans le projet personnalisé , co-construit avec la personne concernée. Il prend en compte ses besoins et ses souhaits, mis en perspective avec son potentiel, ses compétences, identifiés initialement, mais aussi tout au long du parcours. Chaque personne accompagnée est actrice à part entière de son projet. Ceci peut ainsi amener à réajuster ou modifier les objectifs tout au long de l’accompagnement afin de maintenir une dynamique de réussite et de valorisation.

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Accompagnement individuel à la vie sociale

Concrètement, l’accompagnement personnalisé se déroule selon les étapes suivantes :

– début de l’accompagnement : première évaluation, établissement du Document Individuel d’Accompagnement (DIA – équivalent DIPC), et dès que possible, participation à une première activité (séjour- aventure sportif)
– bilan du DIA
– co-contruction du projet personnalisé
– réalisation, réajustement ou modification globale du projet
– bilan de fin de projet personnalisé.

Le contenu de l’accompagnement social :

Tout d’abord il s’agit d’écouter quels sont les objectifs réels de la personne, et de les dissocier de ce qu’elle se représente comme étant le discours attendu. Pour y parvenir, un travail sur la relation de confiance doit s’enclencher. Il s’agit dès le départ d’être identifié comme un interlocuteur fiable et actif. En cela la participation au séjour est un facilitateur, car la personne a déjà pu constater l’esprit de l’association, et le respect de ses engagements.
Une des conséquences de l’importance de la relation de confiance est que de fait le projet est en perpétuelle évolution, et ne se révèle qu’au fur et à mesure que s’instaure un dialogue libéré.
Le travail de l’accompagnement est de mettre en avant le potentiel de chaque personne, et de travailler continuellement sur l’estime de soi. Une approche efficace doit combiner objectifs à court terme (qui confortent la confiance en soi et maintiennent une dynamique de progression) et objectifs à long terme qui correspondent à la finalité du projet et à la représentation de la personne de ce qu’est pour elle l’autonomie.

L’accompagnement se fait toujours dans une dynamique du « faire avec » puis du « faire faire ».
Un travail de prise de renseignements se fait toujours en parallèle. Le travailleur social peut faire des recherches de son côté, mais demandera toujours à la personne accompagnée d’en faire de même (même si le travailleur social aiguille, donne des pistes, des contacts). Ensuite ils confrontent les résultats de leurs recherches. L’important dans un premier temps n’est pas que la personne « réussisse », mais qu’elle comprenne la méthodologie afin de pouvoir la reproduire de façon autonome.
Une fois cette prise d’informations terminée, la mobilisation du réseau de l’association permet de gagner du temps en fonction des démarches. Soit de façon directe par la mise en lien avec l’interlocuteur idoine, soit par l’identification des personnes à contacter dans les méandres de l’administration (privilégier l’assistante sociale de secteur par exemple lors d’un retour à domicile, plutôt que l’assistante du centre de rééducation qui connait moins l’environnement et le tissu social de proximité, etc.).

Les axes d’accompagnement :

  • Accès aux droits :
    – comment trouver des solutions en cas de situations financières précaires (dispositifs d’aides exceptionnelles de la CAF, dispositifs tels que les épiceries sociales, etc.)
    – rôle de conseil autour des démarches administratives ou juridiques (le travailleur social de l’association ayant été auparavant mandataire judiciaire à la protection des majeurs certifié, il est à
    même de les aider et de les conseiller dans ce domaine. Des contacts ont ainsi déjà été pris auprès
    d’avocats, afin d’aider la personne accompagnée à mieux comprendre les situations et les enjeux
    par exemple).
  • Insertion professionnelle/formation :
    Axe très souvent abordé lors du parcours de reconstruction. Les projets varient énormément en
    fonction des profils (âges, situation professionnelle avant l’accident, etc.).
    – forme de coaching. Il s’agit dans un premier temps d’explorer toutes les pistes imaginables (tant au niveau de la formation que de l’emploi). Ensuite il faut mettre en relation le potentiel et les capacités de la personne pour déterminer ce qui est concrètement réalisable. À partir de ce moment-là, un travail de hiérarchisation doit permettre d’organiser les solutions potentielles. Enfin le projet passe en phase de concrétisation afin d’élaborer le plan d’action et les différents objectifs pour parvenir à la réalisation du projet défini. Cette technique est basée sur l’activation du développement vocationnel et personnel (ADVP).
    – concrètement, les entretiens aident la personne à se projeter, et à anticiper les obstacles possibles.
    La méthodologie est au coeur de l’accompagnement, dans la démarche de projet jusqu’à l’entraînement aux entretiens d’embauche ou à la rédaction des CV et des lettres de motivation. Le conseil pourra aussi prendre la forme de mise en relation avec des centres de réadaptation professionnel, et l’explication des lois liées à l’emploi des personnes en situation de handicap et des dispositifs existants (AGEFIPH, ESAT, entreprises adaptées, etc.).
  • Logement :
    – comment trouver un logement adapté, comment faire une demande de logement social, comment
    optimiser la réussite d’une telle demande.
    – comment demander des aides financières pour rendre accessible son lieu de vie, à qui s’adresser,
    comment gagner du temps et éviter les situations conflictuelles avec les artisans par une explication
    minutieuse des dispositifs et de leur mode de financement.
    – accompagnement lors des appels téléphoniques ou sur place si besoin, pour rassurer et expliquer
    ce qu’il faut demander et comment (la présence d’un travailleur social facilite aussi beaucoup
    la prise en compte des demandes…).
  •  Sport/Loisirs/Culture :
    – accompagnement pour l’identification du ou des sports accessibles et répondant aux besoins/souhaits
    de la personne (utilisation par exemple des cycles d’activité pour la découverte des sports).
    – accompagnement pour la recherche des différentes associations ou clubs permettant la pratique
    de l’activité identifiée, mise en lien, etc.
  • Insertion sociale, changements de regards :
    – dans cet aspect de l’accompagnement, le pair-accompagnement est un outil important qui permet d’aborder des sujets en lien avec l’acceptation du handicap, et de la relation à l’autre (en situation de handicap ou valide). Les activités collectives de CLA jouent un rôle important car elles placent la personne dans des situations de collectivités mixtes. C’est aussi, en fonction de ce que peut déceler le travail social, l’occasion d’orienter les personnes vers des psychologues pour les aider à débloquer certains blocages interieurs.
    – concrètement, cette partie de l’accompagnement se manifeste par une aide à l’entrée en relation, notamment vis-à-vis des valides. Il s’agit de ne pas « subir » le regard de l’autre, mais de pouvoir échanger, sensibiliser, et orienter le regard vers autre chose que le handicap. Par exemple, comment répondre à une personne qui s’adresse plutôt à l’accompagnateur qu’à la personne en fauteuil, comment désamorcer la gêne supposée ou réelle au moyen de l’humour, comment sensibiliser de façon habile et non culpabilisante à l’accessibilité, etc.
  • Orientation vers d’autres dispositifs :
    En fonction des besoins exprimés ou constatés pour chaque situation, notre connaissance des dispositifs d’accompagnement et d’aide nous amène à conseiller les personnes vers une orientation spécifique pour bénéficier de tel ou tel service. C’est notamment le cas lorsque l’accompagnement comprend aussi une dimension médicale qui ne correspond pas à ce que CLA propose. Il est alors possible de présenter à la personne un dispositif existant comme les SAMSAH, et de l’aider dans les démarches auprès de la MDPH pour en faire la demande. En cas de vulnérabilité, la présentation de dispositifs comme la curatelle renforcée, des mesures administratives ou judiciaires d’accompagnement au budget (MASP, MAJ) peut aussi être pertinente et utile pour déconstruire certaines idées reçues.

Focus emploi :

⇒ Montage d’ un projet professionnel, recherche de centres de formations adaptés, accompagnement à la technique de recherche d’emploi (CV, lettres de motivation, coaching entretiens d’embauches, web, etc.), recherche d’ aides possibles pour financer une formation, identification des interlocuteurs pertinents (CAP EMPLOI, CRP, ESAT), échange de l’association avec son réseau de partenaires pour identifier des passerelles possibles et mettre en relation certains participants avec les services RH, etc.

Le retour à l’emploi constitue pour l’association un objectif phare dans l’accompagnement qu’elle propose.

En effet, l’emploi peut être considéré comme l’un des fondements du sentiment d’appartenance au monde social et d’une insertion ou réinsertion sociale globale réussie.

Pour le public accompagné par Comme les Autres, le fait d’avoir un emploi va permettre d’initier ou de renforcer un sentiment d’utilité sociale qui va venir contrer le sentiment d’être devenu (ou de n’être plus que) un poids pour son entourage et la société de manière générale. Psychologiquement, ce sentiment va venir renforcer la personne accompagnée et induire la confiance nécessaire à un épanouissement personnel plus général. Le fait de vivre au même rythme que tout le monde va renforcer le sentiment d’appartenance au collectif qui va replacer la personne accompagnée dans un rôle actif et induire une défocalisation du regard de l’autre sur le handicap, un rééquilibrage de la relation et une réduction de la distance entre “monde valide” et “monde du handicap”.
L’accompagnement proposé par l’association en matière d’emploi a autant d’objectifs que de profils particuliers de personnes auxquelles il s’adresse.
Pour celui qui avait un emploi avant son accident, et qui sera en mesure de le reprendre si son poste est adapté, l’accompagnement visera le fait qu’il puisse réoccuper son poste le plus rapidement possible ; pour celui qui, suite à son accident, ne peut plus exercer son métier d’origine, l’association aura pour objectif une reconversion professionnelle réussie ; pour celui qui, avant l’accident, n’avait pas d’emploi, ou encore n’était pas correctement alphabétisé, l’accompagnement se concentrera dans un 1er temps sur l’aquisition des fondamentaux pour pouvoir ensuite tenter une insertion dans la vie active professionnelle.
De manière plus générale, l’association attendra de l’ accompagnement social individualisé qu’elle propose, un progrès constant et permanent dans le retour de chacun vers une vie sociale et personnelle épanouie.
CLA recherche avant tout l’autonomie maximale des personnes qu’elle accompagne, ce qui signifie que ces dernières doivent avoir une volonté réelle de prendre leur parcours de réinsertion sociale en mains et d’en être les actrices au jour le jour. L’association est là pour aider au déclenchement de cette volonté, travailler sur la confiance en soi, conseiller au mieux à chaque étape du parcours mais elle ne se substitue pas à la personne accompagnée dans ses démarches personnelles.

Démarches entreprises en vue d’un appel à projet de SAVS

Après 15 ans d’échanges avec des personnes handicapées, notamment dans le monde du handisport, ainsi qu’avec le personnel soignant du Centre de rééducation et de réadaptation de Coubert, les fondateurs de l’association ont été confrontés à la dure réalité de la réinsertion sociale des personnes handicapées suite à un accident de la vie. En effet, ils ont constaté que la réussite du parcours de reconstruction de Michaël Jérémiasz, paraplégique depuis 2000 et co-fondateur de l’association, était loin d’être représentative de la trajectoire des personnes récemment handicapées et en représente au contraire une issue trop rare.

Le public visé, en plus de vivre avec un nouvel handicap physique très lourd, est souvent un public fragilisé socialement, psychologiquement et financièrement avant même l’accident. En croisant les résultats de certaines études (TETRAFIGAP, 1995 / CREDOC – AGEFIPH, 2003 / Atlas national AGEFIPH, 2008 / Mortalité à long terme et devenir social des blessés médullaires tétraplégiques, Thèse de Maude Espagnacq, 2008) avec nos observations empiriques, nous pouvons en déduire qu’il existerait chez les personnes handicapées à la suite d’un accident de la vie une surreprésentation des hommes, jeunes et peu qualifiés au regard du marché du travail et qu’ils représentent au total entre plusieurs centaines et plusieurs milliers de personnes par an en France.
Ce public présente par ailleurs la particularité de souvent ne pas souhaiter bénéficier de l’offre d’accompagnement telle qu’elle existe aujourd’hui (spécificité d’avoir été valide, difficulté à accepter de se percevoir comme dépendant, d’avoir besoin d’aide, des proches qui découvrent eux aussi le « monde du handicap », dans certains cas attente d’une importante indemnité…) et est confronté a des problématiques médicales très spécifiques.

L’association, en s’adressant à un public de personnes encore en centre de rééducation et de réadaptation ou en en étant sorties depuis plus ou moins longtemps, mais toujours en cours de parcours de reconstruction, participe à compléter l’important travail déjà réalisé par le personnel médico-social. Son objectif est de situer son intervention non loin du temps de retour des personnes concernées en milieu ordinaire ; ce moment spécifique d’intervention, ainsi que l’utilisation systématique des 3 grands principes d’intervention (expérience des sensations et émotions fortes, mixité, pair-accompagnement) permet de limiter les phénomènes de doute, de perte de confiance en soi, de découragement, voire d’isolement et de dépression, pour, au contraire, ouvrir rapidement l’univers des possibles et générer l’énergie nécessaire à un rebond efficace vers une vie épanouie.

A titre d’illustration quant à une partie de notre public, on estime à ce jour à 1200 le nombre de nouveaux blessés médullaires par an en France dont 10% en Ile-de-France. A terme, Comme les Autres souhaite être en mesure de répondre à l’ensemble de la demande sur la région pour ensuite étendre ses actions sur le territoire national.

L’association a choisi de répondre au besoin identifié d’un accompagnement social individualisé spécifique pour les personnes handicapées suite à un accident de la vie sans attendre la création d’un appel à projet de SAVS dédié. Ce service fonctionne donc actuellement sur fonds propres.

Pour en garantir la pérennité mais aussi pour faire école dans la perspective d’un développement de ses activités destiné à répondre à ce besoin spécifique sur l’ensemble de l’Ile-de-France puis du territoire national, l’association considère qu’un tel service devrait le plus rapidement possible bénéficier du soutien des pouvoirs publics dans le cadre d’un dispositif existant : le SAVS.

C’est pourquoi l’association est activement engagée dans une double démarche :

plaidoyer auprès des institutions publiques en faveur de la publication d’un appel à projet de SAVS dédié spécifique à l’accompagnement des personnes handicapées post accidentées. Elle a notamment été reçue à l’échelon national à plusieurs reprises par Madame Carlotti (ancienne ministre déléguée aux personnes handicapées) puis plus récemment par Madame Ségolène Neuville (secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion), et fait actuellement le tour des départements d’Ile-de-France ; en effet, suite à un rendez-vous à la Mairie de Paris en mai 2015, notre projet a suscité un vif intérêt et une réflexion s’est ouverte autour de la création d’un SAVS interdépartemental qui correspondrait davantage au périmètre d’action actuel de l’association.

anticipation d’une réponse à un futur appel à projet de SAVS en veillant dès à présent à la mise en conformité de son service d’accompagnement aux exigences de la Loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, et du code d’action sociale et des familles (création du projet personnalisé, du document individuel d’accompagnement, du livret d’accueil, du projet de service…). CLA s’appuie ainsi sur les préconisations de l’ANESM (Agence Nationale de la qualité des établissement et services sociaux et Médico-sociaux), afin d’établir des bases solides quant aux pratiques et aux documents créés, qui n’auront pas à être modifiés en profondeur lorsque l’appel à projet se présentera. L’objectif étant d’être opérationnel aussitôt dans l’accompagnement des personnes orientées par la MDPH sans bouleverser l’accompagnement des personnes ayant initié leur parcours au sein de CLA auparavant.